Est-ce que l’on devient qui on est, ou si on est qui on devient ?


Cette petite phrase d’une chanson de Alexandre Poulin, que j’aime beaucoup, m’a interpelée et m’a donnée le gout d’écrire le fruit de ma réflexion sur le sujet.


En fait, je crois que ce n’est pas un ou l’autre, mais que c’est un mélange des deux qui tisse qui l’on est au fil du temps. Je crois que lorsque face à l’adversité nous nous défendons, nous résistons et refusons d’accepter la réalité et ce qu’elle nous fait vivre, nous sommes qui nous devenons, nous identifiant à notre armure et nous éloignant ainsi de qui nous sommes réellement.


« Ce que tu nies te soumet, ce que tu acceptes te transforme... »-Carl Gustav Jung

Au contraire, lorsque face à l’adversité, nous saisissons l’occasion de nous connaitre, de ressentir, lorsque nous acceptons de vivre la douleur et la souffrance, nous devenons qui l’on est en se rapprochant ainsi de notre nature profonde.


Bien sûr, mon réflexe premier, comme celui de la plupart des gens que je connais est de me défendre, car je ne veux pas souffrir. C’est humain, mais ces réactions défensives, comme une réaction allergique, m’étouffent et transforment mon visage jusqu’à me rendre méconnaissable même pour moi.


De plus en plus, dans ma vie, je travaille à choisir le chemin de la conscience, de l’acceptation et de l’action plutôt que celui de la réaction défensive inconsciente. Ce choix que je fais chaque jour me rapproche de plus en plus de celui que je suis.


Face à la maladie d’Alzheimer de mon père, j’oscillais entre deux réactions défensives, celle de tout prendre en charge et de m’oublier ou celle de déserter et de me couper de mes sentiments et émotions pour ne pas sentir l’impuissance et la blessure d’abandon qui était éveillé. Dans chacune de ces réactions, je n’étais pas moi, je me sentais coupable lorsque je désertais et nourrissais du ressentiment à son égard lorsque je m’oubliais. Je me suis alors arrêté pour me poser la question : qui suis-je dans cette situation ? Qu’est-ce qui m’empêche d’être moi-même ? Ma réponse c’est qu’en rejetant ma souffrance, je rejetais une partie de moi-même et que cela entravait mon chemin pour être entier.


Être moi, c’est accepter que j’aie des limites et que cette maladie ait des impacts dans ma relation avec mon père. L’acceptation de l’impact de cette maladie m’a mené à faire des deuils et ces deuils de toucher à une peine immense, mais aussi à une gratitude aussi grande et même plus grande face à cet homme qui m’a permis et me permet encore aujourd’hui de découvrir qui je suis. L’acceptation de mes limites m’a ouvert sur une plus grande acceptation des siennes et sur une créativité où je suis de plus en plus moi-même et libre dans ma relation à lui.


Alors…Devenez vous de plus en plus vous même ou laissez-vous vos réactions défensives définir qui vous êtes?


Roberto Mayer. TRA

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